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Comment fixer ses tarifs en freelance (sans se brader)

10 juin 20269 min de lecture
Comment fixer ses tarifs en freelance (sans se brader)

Trop bas, tu t'épuises. Trop haut, tu n'as pas de clients. Voici la méthode claire pour fixer un TJM juste, aligné avec ta valeur.

Fixer ses tarifs, c'est probablement la décision la plus inconfortable du freelance. Trop bas, tu t'épuises pour des miettes et tu attires des clients qui ne respectent pas ton travail. Trop haut sans cadre, tu signes peu et tu doutes. Ce guide te donne une méthode concrète pour poser un TJM juste — un prix que tu peux défendre sans rougir.

1. Pourquoi tu te brades (sans t'en rendre compte)

La sous-tarification n'est presque jamais un problème de marché. C'est un problème de positionnement et de peur. Peur de perdre le client, peur de ne pas « valoir ça », peur du silence après l'envoi du devis. Résultat : tu calques tes prix sur ce que tu serais prêt·e à payer, pas sur la valeur que tu crées pour ton client.

  • Tu compares ton tarif à ton ancien salaire net, pas à ton coût réel de freelance.
  • Tu confonds prix horaire et prix à la valeur.
  • Tu oublies les jours non facturables (prospection, admin, congés, maladie).
  • Tu acceptes des réductions « pour cette fois » qui deviennent ta nouvelle norme.

2. Calculer ton TJM plancher (la base non négociable)

Avant de parler positionnement, tu as besoin d'un chiffre : le tarif en-dessous duquel tu perds de l'argent. C'est ton plancher. Voici la formule simple :

TJM plancher = (Revenu net visé + charges + frais pro) / Jours réellement facturables

Un exemple concret

Tu veux 3 000 € net par mois, soit 36 000 € sur l'année. En micro-entreprise (BNC), compte environ 25 % de cotisations + impôts simplifiés : il te faut autour de 48 000 € de chiffre d'affaires. Ajoute 3 000 € de frais annuels (logiciels, comptable, formation, matériel) → 51 000 €.

Combien de jours réellement facturables ? Pas 220. Retire weekends, 5 semaines de congés, jours fériés, maladie, prospection, admin, formation. Il reste en moyenne 130 à 150 jours facturables par an pour un freelance solo qui gère tout.

51 000 € / 140 jours = 365 € / jour. Ton plancher est là.

Tout ce qui passe sous ce chiffre, tu travailles à perte. Pas « pour moins cher » : à perte. C'est la nuance qui change la conversation.

3. Passer du plancher au prix juste

Ton plancher couvre ta survie. Ton prix juste, lui, intègre trois choses que personne ne te facture : ton expertise, le risque que tu prends, et la valeur que tu crées pour le client.

  • Expertise : chaque année d'expérience pertinente justifie une marge supplémentaire. Tu vas plus vite, tu fais moins d'erreurs, tu anticipes.
  • Risque : pas de CDI, pas de chômage solide, pas de mutuelle d'entreprise. Ton prix doit financer ta stabilité.
  • Valeur : ce que ton travail rapporte au client. Un site qui génère 10 000 €/mois ne se facture pas comme un site « vitrine ».

Règle simple pour commencer : plancher × 1,5 à 2. Sur l'exemple précédent, ça donne un TJM cible entre 550 € et 730 €. Si ce chiffre te fait peur, c'est probablement le bon.

4. Facturer à la valeur, pas au temps

Le TJM est utile pour toi, pour piloter ton activité. Mais en face du client, parler en jours te piège : tu vends du temps, et le temps est plafonné. Dès que tu peux, bascule sur des forfaits clairs liés à un livrable et à un résultat.

« Un site e-commerce optimisé conversion, livré en 4 semaines : 6 200 € » est toujours plus puissant que « 12 jours à 520 € ».

Le forfait te récompense quand tu vas plus vite, protège le client sur le budget, et déplace la conversation du coût vers le résultat.

5. Présenter et défendre ton prix

  • Annonce ton prix sans t'excuser, sans le diluer par « mais on peut voir ». Silence ensuite. C'est au client de parler.
  • Propose toujours 2 ou 3 options (essentiel / recommandé / premium). Le client choisit un niveau, pas s'il achète.
  • Justifie par la valeur et le périmètre, jamais par le temps passé.
  • Si on négocie le prix, négocie aussi le périmètre. Jamais de remise sèche sans contrepartie.

6. Quand (et comment) augmenter tes tarifs

Tu peux augmenter dès que l'un de ces signaux apparaît : tu refuses des projets faute de temps, ton taux de signature dépasse 70 %, tu as gagné en expertise mesurable, ou simplement… ça fait plus de 12 mois que tu n'as pas bougé.

  • Augmente sur les nouveaux clients d'abord. +15 à 25 % à chaque palier.
  • Préviens les clients récurrents 2 à 3 mois avant, par écrit, sans te justifier longuement.
  • Accepte qu'une partie de ta clientèle ne suive pas. C'est le signe que tu montes de gamme.

Les erreurs à ne plus jamais faire

  • Donner ton tarif avant d'avoir compris le besoin et la valeur en jeu.
  • Offrir « un petit truc en plus » gratuitement à chaque projet : tu enseignes au client que ton travail est gratuit.
  • Comparer ton prix à celui de freelances qui n'ont ni ton expérience, ni ton positionnement.
  • Attendre d'être « légitime » pour augmenter. La légitimité vient en pratiquant le bon prix, pas l'inverse.
Tu ne fixes pas un prix. Tu fixes le respect que tu auras pour ton propre travail pendant les 12 prochains mois.

Pose ton plancher ce soir. Calcule ton prix juste demain. Et envoie ton prochain devis à ce tarif-là, sans le négocier avec toi-même avant même de l'avoir proposé. C'est là que ta vie de freelance change vraiment.

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